Partagez-vous nos impressions ?

Accueil
désert de tags
autogestion
les éléphants
éduquer ou punir ?
justice sociale
la valeur travail
violence, délinquance
éducation
identité
touche pas à mon jardin
Moyen-Orient
mot à mot
bonne Mère !
la balle au centre ?
Gauche que fais-tu ?
désert d'avenir ?
Bibliothèque
litérature
sites références
contact
éducation et formation
note écrite le 18 déc.2006
 

mots-clés : école, égalité des chances, mérite, normalité


 

     Lors d'une discussion récente à propos de “l’égalité des chances”, idée fondatrice de tout projet sur l’école républicaine, la question de quelle égalité et de quelles chances il s'agit a été posée. En d’autre terme quelle en est la finalité, quels sont les buts visés ? Les réponses ne furent ni spontanées, ni vraiment faciles ! Comme quoi ce qui peut paraître de l’ordre de l’évidence, ne l’est pas toujours !
     Un conte (issu d’un fait réel) permettra de mieux poser la problématique.

     Dans un centre d’apprentissage spécialisé, 2 jeunes en grande difficulté scolaire  préparent les épreuves d’un Certificat d’Aptitudes Professionnelles. Parmi celles-ci, figure une épreuve d’éducation physique (très utile pour rattraper les points perdus à l’écrit) et cette année là le choix s’est porté sur du saut en hauteur.
L’un des jeunes, élancé, souple, obtient des résultats exceptionnels depuis plusieurs années ; il a participé à des compétitions et a été honoré. Depuis un an, vivant sur ses lauriers, il ne progresse plus et ne gagne aucun centimètre dans ses sauts bien qu’il en soit capable. Malgré tout, son niveau lui permet d’obtenir la note maximale, il en sera honoré officiellement, chacun soulignant le “mérite de ce jeune au passé tumultueux”.
     L’autre, au contraire, quelque peu tassé sur lui-même, mal à l’aise dans son corps, a cependant vraiment envie d’arriver à quelque chose. Il part d’une hauteur très inférieure au minimum requis à l’examen ; bien conseillé par l’éducateur sportif, il va progresser en un an de 30 centimètres dans ses sauts. Ce qui restera toutefois insuffisant et il n’obtiendra pas le moindre point ! Sa progression, due à un travail acharné, n’aura donc eu aucune reconnaissance sociale officielle ! Reste sa propre satisfaction, valorisée par l’éducateur, mais qui ne compense en rien, dans le cas présent, le manque à gagner et n’efface pas la souffrance née de cette frustration
.

     Quelques questions : quel est le plus “méritant” des deux ? Où est “l’égalité des chances” pour le second ? Celui-ci part avec un tel handicap qu’il ne pourra jamais atteindre la norme absolue fixée par l’examen, non pas par manque de travail mais parce que ses potentialités ne lui permettent pas.

     L’école fixe réglementairement des normes (les niveaux à atteindre, les examens, etc.) servant de références pour tous les élèves. Certains, pour des raisons fort complexes (l’inné et l’acquis ?), doivent entamer une course d’obstacles particulièrement élevés, voire infranchissables, pour atteindre cette normalité. Y a-t-il alors vraiment égalité de chances ? Les systèmes compensatoires mis en place suffisent-ils à combler ces grands handicaps ?
     De tels systèmes sont-ils modifiables dans le fond ? Pourrait-on, par exemple, faire en sorte que les normes soient quelque peu relativisées en prenant beaucoup plus en compte les potentialités et le niveau de chacun ? Ou bien encore que la formation technique soit valorisée et puisse conduire à une reconnaissance équivalente à celle d’une formation plus intellectuelle ?

     Ces questions renvoient aux finalités recherchées mais aussi à une culture, à des modes de vie et de pensée … et cette complexité n’en facilite pas le traitement, d’autant plus qu’il ne s’agit pas, loin s’en faut, que d’une question de moyens, de carte scolaire, d’horaires des enseignants … Bien des militants syndicaux, des parents d’éléves s’y sont confrontés depuis des décennies sans vraiment avoir eu le sentiment d'aboutir !
~lire : "École : l’inégalité des chances ?" LeMonde.fr Dossiers 18.12.06 ©

     En guise de conclusion :
* à propos du mérite, “bien faire son travail n’est-ce pas la moindre des choses ? Et la moindre des choses est-elle méritoire ?” (Henri de Montherlant)
* candidats du BAC 2006 :
~“dans le monde, il n’y a que la France qui n’est pas un pays étranger”
~“toute sa vie, Montaigne a voulu écrire mais il n’a fait que des essais”