identité, insécurité
note écrite le 22 mars 2007
mots-clés : eau, 22 mars 1968, l'Internationale, identité nationale, Marseillaise,
nationalisme
Il semblerait que plus le sentiment d''insécurité grandit dans un pays ou dans le monde, plus on a tendance à parler d'identité. "Le replis identitaire" est devenu l'une des expressions favorites des médias et des experts.
Le choix de la date du 22 mars pour écrire à propos de l'identité n'est pas non plus dû au hasard :
* 22 mars 2007, identité altermondialiste : journée mondiale de l’eau. Pas un
candidat à l’élection présidentielle n’y fait allusion ! Et pourtant …, 1 milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable. Et aujourd’hui encore, l’eau insalubre est la première cause de mortalité dans le monde (source : site de SOLIDARITÉS)
La Journée mondiale de l’eau, célébrée en mars de chaque année, avait pour thème en 2007 "Faire face à la pénurie d’eau". Ce qui permet de faire ressortir l’importance croissante du manque d’eau dans le monde et la nécessité de renforcer la coopération afin d’assurer une gestion durable, efficace et équitable des ressources hydriques, que ce soit localement ou à l’échelle internationale.
Le Directeur général de la FAO (UNESCO), Jacques Diouf, parle de la pénurie d’eau comme de “l’enjeu du XXIème siècle”. L’enjeu réside essentiellement dans la nécessité de trouver des moyens plus efficaces de conserver, d’utiliser et de protéger les ressources en eau de la terre. La population mondiale devrait atteindre 8,1 milliards d’ici 2030. Pour aller de pair avec la demande croissante de nourriture, il faudra prélever 14 pour cent de plus d’eau douce pour l’agriculture au cours des 30 prochaines années. “A mesure que l’accroissement démographique et le développement requièrent des quantités accrues d’eau pour les villes, l’agriculture et les industries, la pression exercée sur les ressources hydriques s’intensifie, entraînant des tensions, des conflits parmi les usagers, et une pression excessive sur l’environnement”, affirme M. Diouf.
~lire : "l'eau, un droit fondamental" ©le Monde.fr 10 nov.2006
* identité révolutionnaire, 22 mars 1968 (mouvement du) : Daniel Cohn-Bendit en fut le principal instig
ateur. Tout commence sur le campus de la faculté de Nanterre où des étudiants demandent le libre accès à la résidence des étudiantes et réciproquement. L’invasion du pavillon des filles provoque une forte intervention policière et l’expulsion de Cohn-Bendit. Il s’en suit l’occupation des bâtiments administratifs et l’extension rapide du conflit dans les autres facultés de Paris et de province. C’est ainsi que “Mai 68″ est né.
~lire : interview de Jean-Pierre Duteil, l’un des animateur du Mouvement
Le chant de référence “l’Internationale” inspire alors toute la gauche française, y compris le PS ! qui ne l’abandonne qu’à la fin des années 80. Aussi l'appel à “la Marseillaise” par S. Royal a surpris plus d’un “vieux” militant !
* Identité nationale, 22 mars 2007 : S. Royal fait chanter la Marseillaise à la fin d’un meet
ing à Marseille (recherche d’une symbolique forte !) et demande même un bis. Elle en profite pour préciser sa position sur l’identité nationale : "il est nécessaire de se référer à des symboles tels que le drapeau et l’hymne national pour affirmer l’identité d’un pays".
Elle va jusqu'à définir la Marseillaise comme un chant révolutionnaire. Surprenant quand on sait que ce chant a été composé pour la guerre afin de stimuler l’armée française du Rhin chargée de retenir celle d’Autrichie. Cet hymne aurait d’ailleurs très bien pu se nommer “la Strasbourgeoise”,
car composé dans cette ville en 1792. Ce n’est que bien plus tard (sous la 3° République) qu’il deviendra l’hymne national.
Le verset “qu’un sang impur abreuve nos sillons !” fait particulièrement tâche. Imaginons un instant ces mots prononcés aujourd’hui pour la première fois et aussitôt de nombreuses voix s’éleveront pour crier au scandale.
À lire ou à entendre les commentaires, cette question de l’identité nationale n’a pas suscité un grand enthousiame dans l’opinion, parce que l’évoquer, supposerait sans doute une sérénité, une dynamique (genre coupe du monde de 98), qui ne sont pas de mise en ce moment. L’inquiétude domine et favorise le développement d’identités régionalistes, communautaristes, religieuses, voire matérialistes avec le repli sur le confort de sa résidence très protégée. Les peurs, réelles ou imaginaires, ne sont pas bonnes conseillères, surtout quand elles sont entretenues et brandies comme les étendards d’une identité nationaliste qui n'a rien de nationale et encore moins de mondiale ou de révolutionnaire.